GP des Amériques: Espargaró récompensé après le "désastre" des premiers GP

GP des Amériques: Espargaró récompensé après le "désastre" des premiers GP

Aleix Espargaró a participé au double top 5 décroché par Suzuki à Austin, un rebond revigorant pour lui après un début de saison particulièrement compliqué.

Après avoir enregistré sa meilleure qualif de ce début de saison (9e), le pilote espagnol a pris un départ tonitruant pour se porter dès les premiers instants en quatrième position. Seul pilote du groupe de tête à avoir chaussé deux pneus tendres, il a profité autant que possible du bénéfice qu'ils lui apportaient pour mettre toutes les chances de son côté.

Passé ce moment de grâce, Espargaró s'est fait reprendre par Dani Pedrosa puis Andrea Iannone, avant de retrouver le quatrième rang quelques tours plus tard suite au double abandon de Pedrosa et Dovizioso devant lui. Il n'a en revanche rien pu faire pour résister au retour de son coéquipier, qui l'a dépassé et s'est irrémédiablement détaché à la mi-course.

Cette cinquième place est tout de même aussi satisfaisante que libératrice pour le pilote de Granollers, après deux onzièmes places qui, sur les deux premières manches, traduisaient un véritable mal-être au guidon de la GSX-RR.

"Je suis très heureux. Pour moi, les deux premiers week-ends ont été très difficiles. Je me sentais très mal, je n'arrivais pas à dormir ces trois dernières semaines", reconnaît Aleix Espargaró. "Ces trois semaines ont été très difficiles pour moi, les plus dures que j'ai connues dans ce championnat. Je ne comprenais pas ce qui se passait et je ne prenais pas de plaisir sur la moto", poursuit-il.

"C'était un désastre. Ici, on a beaucoup modifié la moto et j'ai commencé à me sentir beaucoup mieux à partir de [samedi]. Kenny Roberts nous a aussi beaucoup aidés ce week-end, on a beaucoup discuté", explique le pilote Suzuki.

Le retour d'un style agressif

Les progrès se sont confirmés dimanche, au warm-up, lorsqu'Aleix a signé le sixième temps avec un pneu qui avait parcouru quasiment la distance de la course. Quelques heures plus tard, il s'alignait au départ le couteau entre les dents. "J'ai décidé d'utiliser le pneu soft. Pendant la première partie de la course, j'ai attaqué comme un dingue", raconte-t-il. "J'étais très content, parce que je me suis montré très agressif, comme je l'étais l'année dernière."

Une fois son pneu trop usé, l'Espagnol, qui n'a plus été en mesure de suivre des Yamaha ou Ducati avantagées par leur traction. Puis, une erreur a arbitré son duel contre son coéquipier : "Quand Maverick m'a passé j'ai fait une grosse faute dans la ligne droite de retour et il s'est détaché. (…) Il a gagné 1"5 en un secteur, par contre on a eu exactement le même rythme sur la seconde moitié de la course. Pour moi, c'est très important."

Se confronter à son coéquipier

Éclipser par son coéquipier depuis la pré-saison, Aleix Espargaró a retrouvé du poil de la bête et il a le ferme intention de prouver sa valeur à ses côtés. "Maverick a désormais un très bon niveau et la moitié du paddock le veut pour l'année prochaine. Mon objectif est donc de le battre dès que possible", prévient-il.

"Aujourd'hui, l'important c'est que je me sois battu avec Maverick et que j'aie à nouveau pris du plaisir", se félicite Espargaró. "Je me suis montré très agressif. Au début de la course, les Yamaha et les Ducati n'arrivaient pas à me passer au freinage, ce qui montre que j'étais redevenu agressif. C'est très important."

"On s'est rapproché. Je crois qu'on a du potentiel, on est une bonne équipe et on va bientôt pouvoir se battre pour le podium", poursuit-il. "On a bien progressé, on est revenu là où l'on était à la fin de l'année dernière, ce qui est très important. Ce week-end, on sait exactement ce que l'on aurait besoin d'améliorer pour se battre contre Ducati, Yamaha et Honda."

Afin de préparer la prochaine manche, prévue à Jerez, Suzuki reste à Austin ce lundi pour une journée d'essais privés. "On a quelques idées pour améliorer le grip arrière. On en a moins que [les autres] et c'est là que l'on perd le plus et il faut aussi que l'on améliore l'adhérence pour pouvoir utiliser le pneu dur", pointe-t-il. "Le châssis est bon, les performances du moteur nettement meilleures que l'année dernière, il faut donc que l'on améliore l'adhérence à l'arrière."