GP des Amériques: Pedrosa avait changé de style et visait la 2e place

GP des Amériques: Pedrosa avait changé de style et visait la 2e place

Dani Pedrosa a été le protagoniste malheureux d'un fait de course qui aurait pu avoir de bien plus lourdes conséquences que son abandon et celui d'Andrea Dovizioso.

C'est à l'entrée du virage n°1, alors qu'il entamait le septième tour, que l'Espagnol a perdu le contrôle de sa machine et que celle-ci a heurté de plein fouet le pilote Ducati. "L'avant s'est bloqué quand j'ai monté la côte. J'ai pu le sentir et le rattraper, mais la fois suivante ça a été plus fort et j'ai perdu la moto", explique-t-il. "J'avais peut-être pris un peu plus d'angle, mais c'est comme ça avec ces pneus, ils sont très sensibles à ce que l'on fait sur la moto."

"Je suis vraiment désolé pour Dovi, parce que ça fait chier quand on te fait tomber et l'impact a été assez fort. Je suis heureux qu'il aille bien et que ma moto ne l'ait pas blessé", affirme Pedrosa, qui s'est immédiatement assuré que son collègue était indemne et qui n'a pas manqué d'aller s'excuser à nouveau dès qu'il a rejoint les stands.

Trop léger pour chauffer ses pneus ?

Cet accident est intervenu alors que Dani Pedrosa avait réussi à se mêler à la bagarre pour le podium et qu'il visait même une deuxième place impensable la veille. Car son week-end s'est avéré particulièrement compliqué, des difficultés qu'il a mis en grande partie sur le compte des gommes.

Rappelons que, après une délamination qui a jeté une ombre sur l'un de ses pneus arrière en Argentine, Michelin a apporté au Texas des produits à la carcasse plus rigide. Or, le pilote Honda a eu toutes les peines du monde à générer la température suffisante pour se sentir à l'aise avec ces pneus et il a passé le week-end à tâtonner sur le set-up de sa RC213V. "On teste des réglages tout le temps, (…) l'équilibre, la répartition des masses, ces choses-là, juste pour obtenir un peu de grip et faire en sorte que la moto tourne", expliquait-il à la veille de la course.

Pilote le plus petit et le plus léger du plateau, le Catalan estime que son gabarit n'est pas étranger à ses difficultés. "L'année dernière, quand on a commencé à tester les pneus Michelin, j'étais en tête des classements. Ils les ont sans cesse endurcis - la construction, la gomme, la pression", rappelait-il samedi. "J'ai essayé la gomme dure [en EL4], le pneu qui fonctionne pour les pilotes de pointe, mais je n'ai pas pu faire mieux que 2'08 : pas de température. J'ai donc dû revenir à la spécification tendre", expliquait-il, souffrant encore de patinage et d'un manque de traction avec ce mélange à la carcasse, elle aussi, rigide.

"Sur la grille, il y a beaucoup plus de pilotes dont le poids moyen est très élevé par rapport au mien", rappelle-t-il. "J'utilise la même pression et la même construction que des gars qui font 80 ou 85 kilos. J'ai du mal à équilibrer la moto pour faire en sorte que le pneu fonctionne. À chaque fois que les pneus changent, c'est un retour en arrière pour moi."

Un changement de pilotage en course

Pedrosa assurait ne pas vouloir mettre toute la faute sur les pneus et il a effectivement retouché son style de pilotage pour la course, ce qui lui a permis d'afficher un bien meilleur potentiel. "La moto était la même que pendant les essais, mais j'ai juste essayé de la piloter de façon différente", indique-t-il. "Juste une façon différente de mettre la puissance et de faire tourner la moto. Ça m'a rendu un petit peu plus fort, mais ça n'a pas tout réglé."

"En tout cas, après avoir eu beaucoup de mal ce week-end, en course je pense que j'aurais pu finir deuxième. Il aurait fallu que j'aille au bout et que je me batte contre Lorenzo, et puis il aurait fallu voir comment mon pneu aurait tenu parce que j'utilisais le soft à l'arrière", suggère Pedrosa.

"J'en ai beaucoup appris pendant ces quelques tours, j'espère donc en profiter sur le prochain GP", ajoute l'Espagnol, qui veut retenir le positif. "Il faut maintenant que l'on travaille un peu plus et que l'on voie si c'est quelque chose que je peux utiliser pour améliorer ma relation avec la moto, sur les circuits à venir. Et surtout, [il faut] vérifier si je peux être plus rapide parce qu'ici, ça a été horrible."