Siméon : toujours plus loin toujours plus haut…avec la SpeedUp (?) ou (!)

Siméon : toujours plus loin toujours plus haut…avec la SpeedUp (?) ou (!)

Puisque notre série « toujours plus loin toujours plus haut » est celle où nous donnons notre avis, avis qui n’engage d'ailleurs que nous, autant l’avouer de suite lorsque Xavier Siméon s’est engagé avec l'écurie QMMF, le team de la fédération qatari, nous n’étions pas très emballés.

Certes le Belge s’engageait pour deux ans mais dans quel team et avec quelle moto ! Parmis les SpeedUp engagées la saison dernière, il y avait celle de Lowes, quatrième avec 186 points quant aux autres, elles se situaient toutes au-delà de la quinzième position avec des pilotes comme Kallio, Simon et West!

Les craintes semblaient dès lors fondées car si Lowes faisait exception, il le faisait dans le team SpeedUp, concepteur et créateur du châssis de leur moto, pas au QMMF, team aux faits d’arme somme toute limités.

Pourtant, aujourd’hui et après quatre Grand prix, force est de constater que le Belge ne s’en sort pas si mal.

D’abord, on remarquera que SpeedUp a certainement commis une erreur de casting en mettant Corsi sur sa propre machine !

On nous rétorquera peut-être que l’italien devance le belge au Championnat du Monde mais on rappellera alors qu’il le doit surtout à sa troisième place du Qatar acquise après le ride through infligé à de nombreux pilotes et la pénalité de 20 secondes infligée à Morbidelli car la suite était moins glorieuse : vingtième en Argentine, sixième en Amérique et abandon à Jerez.

Xavier Siméon lui, semble prendre le chemin inverse avec de mauvais essais hivernaux, une chute lourde de conséquence au Qatar puisqu’il avait la possibilité de terminer à une inespérée cinquième ou sixième place après s’être qualifié vingt et unième. Une douzième place en Argentine mais trop loin des leaders, une super course à Austin où il s’est offert une remontée incroyable avec, cerise sur le gâteau, un dernier dépassement sur Julian Simon, son équipier et enfin, une excellente dixième position à Jerez où il était pénalisé par une qualification au cours de laquelle il avait procédé à la destruction en bonne et due forme de sa machine.

Alors ok, le belge et son équipe n’ont pas encore su placer le résultat qui rassurera le grand public sur les capacités de cette machine mais les spécialistes avisés comme l’est Didier de Radiguès, eux ils ont su déceler ces progrès significatifs. D’inquiet en début de saison, l’ancien pilote belge commence à devenir confiant mais aussi content pour celui qui, la saison dernière, ajoutait une victoire au palmarès des belges en Grand Prix.  

« On a pu voir en course à Austin qu’entre Xavier Siméon et la SpeedUP, ça commençait à prendre et à Jerez, pour moi, c’était la confirmation que la SpeedUp est une bonne moto. Je n’en ai d’ailleurs jamais douté. Je pense que cette machine est au moins aussi bonne que la Kalex mais comme pour tout le monde en Moto2, tout dépend de comment Xavier et son équipe vont arriver à en tirer la quintessence. Pendant les essais hivernaux et les deux premières manches, ils n’y sont clairement pas arrivés, à Austin ils l’ont fait en course et à Jerez, sur l’ensemble du weekend, si ce n’est cette malheureuse qualification, je pense que Xavier et la SpeedUp ont montré qu’ils arrivaient à quelque chose d’équivalent aux meilleurs Kalex. Et je vais même aller plus loin…pour moi, il n’y a pas de limite et je suis convaincu qu’ils peuvent en faire une moto meilleure que les Kalex. Bien entendu, après, il ne faudra pas le faire une seule fois, il faut le faire à chaque fois, trouver la constance et ça, ce n’est pas si facile. Il y a trois SpeedUp contre tout le reste moins une suter et deux Mistral. De plus, ces trois machines sont dans deux teams différents et ce n’est pas certain que les informations passent bien entre les deux teams. C’est donc beaucoup plus compliqué d’avoir la constance mais en revanche, que le duo Siméon/SpeedUp puisse briller, j’y crois ! »  

Au lendemain du Grand Prix des Amériques, on avait écrit que nous n’avions pas retrouvé le Xavier de chez Tech3, ni celui de chez Gresini mais bien celui de chez Stop&Go, l’écurie d’Edu Perales à qui il avait offert parmi les plus belles pages de son histoire.

En 2016, et les éternels anti-Siméon nous prendront certainement pour des utopistes, nous avons le sentiment que la belle histoire pourrait se répéter.

Alors oui, définitivement, nous choisirons le point d’exclamation. Toujours plus loin toujours plus haut…avec la SpeedUp !