Team N.B.R.T. 25: Compte rendu 24 heures de Catalogne

Team N.B.R.T. 25: Compte rendu 24 heures de Catalogne

Team manager : CRAPANNE Dominique
Pilotes : BARDEL Guillaume
FOURNIER Kevin
MOURIN Anthony
CRAPANNE Sylvain
Et tout le Team NBRT au (presque) grand complet

Une saison pour une unique course !
Un an de préparation pour 24 heures...
Des années à enchaîner des courses d’endurance
toujours trop courtes pour enfin s’aligner au départ
d’une épreuve de 24 heures.
24 heures : Tenir, physiquement… moralement…

 

La semaine pré-course

Ce qui est bien avec les courses de ce format-là, c’est que l’organisation impose de prévoir ses congés en fonction de l'épreuve. De toute façon, tout le monde et en particulier le team manager et ses pilotes, ont planifié leurs congés autour de ce week-end du 4 – 6 Juillet 2014.
Descendre tout le matériel, être reposé mais tout préparer, tout installer...
La semaine qui a précédé la course permit de faire monter doucement mais surement la pression et de se dire que ça y est, « On y est ! »
Entre l’arrivée au circuit, coincés entre deux semi-remorques aux couleurs des teams officiels (Tecmas / Bollinger / Folch Endurance…), l’installation archaïque dans notre box, les nuits sous les averses espagnoles, l’installation de la tente de l’intendance, les innombrables aller- retours tardifs pour aller chercher (à l'aéroport ou à la gare) tous nos amis et bénévoles sans qui tout cela n’a pas lieu d’être, autant se le dire tout de suite : la planification du « repos pré – 24 » n’a pas été respectée. Mais cela nous a permis de rester sous pression et de nous concentrer sur ce circuit de Catalunya.
Là, en regardant depuis le box, on sait que l’on est sur un circuit international, un circuit qui accueille la formule 1 comme la moto GP, un circuit technique, rapide et assez exigeant par endroit.
4km727, moins de 2 minutes pour en faire le tour : Bienvenue au circuit de Catalunya !!!

 

Sous les ordres et les doigts de maître Dom’, le team manager, les pilotes enchaînent les séances d’essai au guidon de la HONDA CBR 1000. La moto, seule du plateau à être 100% d’origine, se comporte bien et les sensations sont bonnes. De plus, sous son habit de lumière, notre CBR brille au soleil catalan.

CBR 1000 RR 2013 – Team NBRT

 

Avec l’équipe de mécaniciens, élèves de Bac Pro Mécanique Moto du lycée Saint Pierre-Saint Paul de Langogne, menée par Fabien Chabany leur professeur d'atelier, le team peaufine ses arrêts au stand. Mais déjà une chose étonne : Kevin fait surchauffer la moto. L’équipe s’affaire pour comprendre le pourquoi. La journée d’essais libres du jeudi est en grande partie amputée par la recherche de la cause de cette surchauffe. Mais les chronos sont bons : Guite passe sous la barre des 2’00 avec un tout petit 1 min 59 sec et quelques centièmes. Comme quoi, on peut avoir un temps plus qu’honorable avec une moto sortie de concession avec juste de bons pneus…
Cependant, les pilotes se plaignent d’un amortisseur souple qui empêche de remettre les gaz en grand au moment opportun, entraînant l’oscillation de la moto. Aucune solution ne pouvant être trouvée, chacun adapte son pilotage...
Arrive alors, après une bonne nuit de repos, la journée de vendredi, avec ses essais qualificatifs, et les essais de nuit.

 

Vendredi 4 Juillet - Qualifications et essais de nuit

Dans le planning, il n’y a que quatre séances de qualifications de 30 minutes, une par pilote. Elles s’enchainent toutes en 2 heures de temps. Clairement, il ne faut surtout pas tomber, ce qui compromettrait la qualification du pilote suivant. Guillaume s’élance en tant que pilote numéro 1, suivi 30 minutes plus tard par Kevin, pilote numéro 2, laissant le relais à Anthony, pilote numéro 3 et enfin Sylvain, pilote numéro 4 termine la série.
Chacun fait de son mieux avec comme ultime règle universelle à toute course d’endurance : « le meilleur chrono, c’est celui qui ramène la moto !»
La moto est, à la moyenne des 4 pilotes, 34ème sur 46 équipages engagés avec un chrono moyen de 2’01’’483. Tout le monde est très satisfait et maintenant, c’est officiel, la numéro 25 sera au départ, demain 15 heures, de cette édition des 24 heures de Catalunya 2014. « Ca y est, on y est maintenant ! ».
Mais la journée n’est pas finie avec, en début de soirée, la préparation aux essais de nuit qui commencent à 22 heures et finiront à 23 heures 30. Les 4 pilotes se doivent de faire au moins 5 tours consécutifs, simple formalité, certes... Mais si rouler de nuit demande un peu plus d’attention, piloter de nuit s’avère être un véritable petit défi où la principale chose à laquelle les pilotes doivent s’habituer, est de se faire constamment doubler… par leur ombre. Le circuit étant relativement bien éclairé et ce, dans le sens de la piste, la moto se fait constamment doubler par sa propre ombre. C’est une sensation qui surprend dans chaque virage au premier tour puis, dès le second, les pilotes s’éclatent et enchaînent les même chronos que lors de leurs séances qualificatives… sous le spectacle unique des courses se déroulant la nuit.

L’entrée de la ligne droite des stands - dernier virage.

 

C’est donc satisfaite et prête à en découdre que l’équipe rentre à l’hospitality montée par le moto club des Picarloux, grands habitués des courses moto. Toujours une boisson au frigo, toujours un repas chaud qui attend, des fruis, des brioches et du chocolat pour les petits creux… Malgré les éléments qui ont tenté d’arracher le barnum plus d’une fois, tous les bénévoles de l'intendance ont tenu leur poste, facilitant ainsi la vie de toute l’équipe. Les grandes tablées où les pilotes racontent en continu leurs aventures de la journée, où les mécaniciens, en catimini, tentent de comprendre et de résoudre les innombrables petits problèmes liés à la contrainte de tenir, tenir et tenir les 24 prochaines heures, où le stress est présent sans être lourd... permettent à chacun de profiter de l’instant.

 

Quels grands moments de bonheur d’être tous réunis autour de cette passion commune. Certains ont fait le voyage vers l'Espagne, ceux restés en France appellent pour prendre des nouvelles, Charles est même revenu d’Australie pour venir soutenir l’équipe. Quel honneur !
Allez, il est temps d’aller dormir… demain sera une longue journée de 40 heures minimum !

 

Samedi 5 juillet - La course

Au réveil, on sent que ce samedi n’est pas une journée comme les autres de la semaine : à 15 heures, c’est le départ ! Et pour atteindre cette heure fatidique, il faut absolument suivre le planning plus que serré et parer aux impondérables.
Après avoir réfléchi toute la soirée, les mécaniciens semblent avoir trouvé pourquoi la moto surchauffait et demandent à Kevin de faire le Warm up afin de valider les dernières modifications : 30 minutes d’essais où Dom’ en profite pour calculer la consommation de la moto en configuration course.
La moto rentre, tout va bien, plus de signe de surchauffe. Ce n’est pas plus mal parce qu’il commence déjà à faire chaud et il n’est que 10 heures.
Les pilotes et le team manager sont appelés pour le briefing… en salle de presse.
C’est impressionnant de se retrouver dans cette énorme salle climatisée avec un directeur de course qui fait un briefing en anglais et en espagnol. On se sent immédiatement tout petit : à côté de nous, de grands pilotes… des têtes connues dans les magazines… et des écrans partout pour nous rappeler les règles de sécurité.

 

Le briefing – Salle de presse

 

En ce début d’après-midi, la voie des stands est ouverte au public. C’est le moment de sortir les appareils photos et surtout de se détendre tant bien que mal avec le stress du départ qui commence à s’installer.

 

La moto devant son box – ligne droite des stands.

 

Puis les photos des pilotes : profitons-en, on est au calme avant la tempête même si la chaleur commence vraiment à se faire accablante, surtout en statique sous les combinaisons…

 

Heureusement qu’il y avait des parapluies pour servir de parasol…

 

On en profite pour faire une grande photo de famille ! Avec un maximum de monde, aux couleurs claires, sobres et efficaces du team 25.


Une grande partie de l’équipe présente.

 

15 heures – Le départ


Très rapidement, tout s’enchaîne : le repas, les préparatifs et c’est déjà l'heure de la procédure de départ.
Toujours très spécifique, et après les tours de chauffe, la mise en épi des motos est une des grandes traditions des courses d’endurance moto : Guillaume est prêt, la moto est prête, le silence se fait…

 

Puis, s’abaisse le drapeau Catalan ! C’est officiellement parti pour 24 heures de course !

 

Courir vers la moto, 12 mètres en tenue de course, monter dessus, démarrer et filer vers le premier tournant aussi vite que possible… telles sont les seules indications qui sont dans la tête du pilote à ce moment là. Faire attention et se mettre immédiatement dans le rythme sans oublier que ce n’est pas une course de vitesse pure… la course durera 24 relais de 1h… il faut les tenir…

La course est aussi l’occasion de voir de belles machines et de belles bourres entre pilotes. Certains prendront beaucoup de risques mais très peu de chutes sont à déplorer. C’est assez agréable d’être dans cette bonne ambiance de fête de la moto.

 

 

Une fois l’euphorie du départ terminée, nous regagnons doucement notre stand, allons trouver des points de vue pour regarder Guillaume passer.
Il se place 33ème au premier tour. Il est dans le rythme instantanément et roule dans de bons chronos, oscillant entre 2’00 et 2’02 au gré des tours. Cependant, au 15ème tour, Guillaume semble ralentir : 2’03 puis au 16ème 2’22… puis, la numéro 25 ne passe plus devant la cabine de panneautage…

 

15heures 30 – La stupéfaction !

Guillaume est rentré au stand, parle longuement avec Dom et Fabien. Puis retire son casque alors que les mécaniciens commencent à déshabiller la numéro 25.
Avoir les 4 pilotes ensemble, côtes à côtes dans le box, est une chose qui ne devait pas arriver avant 15 heures dimanche… Guillaume se plaint d’un bruit très important et de vibrations au niveau de la boîte de vitesse.
Tout le monde regarde de loin les mécaniciens s’affairer autour du moteur…

 

 

16heures - Le verdict tombe !


La boîte de vitesse est cassée… signifiant que la moto n’aura pas tenu…
La question alors : doit-on abandonner ? Raccrocher les 4 cuirs et en rester là ?

 

Dom et les 4 pilotes sont unanimes : il reste plus de 23 heures de course et continuer à rouler ainsi risque d'entraîner des avaries encore plus importantes sur la moto et même de mettre en danger les pilotes. Il est hors de question de faire la course sans la 3ème vitesse. Le mulet complet, deuxième moto achetée auparavant permet de palier tout problème pendant la course, on peut donc l'utiliser pour changer les pièces défectueuses. Par contre, selon le règlement, si nous changeons le moteur, nous serons disqualifiés.
Dom, dans un espagnol digne d’un catalan, conclut avec la direction de course : nous pouvons changer le moteur et repartir. Mais nous serons exclus une fois le drapeau à damier passé. Soit!!!
Comme n’a pas arrêté de le dire Fabien, le chef mécano : « FEU ! »
Les petites mains de la mécanique réalisent le changement de moteur en un temps record avec le passage angoissant où les deux motos sont démontées, les moteurs dégoulinant leur huile encore chaude.

18 heures 30 – La moto repart !


Un grand bravo à toute l’équipe !
Guite prend le guidon et valide l’ensemble : la moto se comporte parfaitement bien et c’est bon, maintenant que tout est perdu au classement général, nous n'avons plus qu’à tenter de remonter doucement mais sûrement les places au classement.
Les relais s’enchaînent mais ne se ressemblent pas : il fait plus frais avec la tombée de la nuit, les ravitailleurs se doivent de changer les pneus et faire le plein de la moto. Chacun a son rôle sous l’oeil paternel de Dom’.

 

Le ravitaillement en essence lors d’un changement de pilote.

 

La kiné (Inès) en charge de faire récupérer musculairement les pilotes au retour de leurs relais.

Pilote 1 : Guillaume ("Guite") BARDEL

 

Pilote 2 : Kevin FOURNIER

 

Pilote 3 : Anthony MOURIN

 

Pilote 4 : Sylvain CRAPANNE

 

Puis, doucement, la nuit tombe sur Catalunya, laissant apparaître les moments magiques de ce type de courses.

La sortie de la voie des stands

 

Une course d’endurance, c’est surtout le travail de toute une équipe lorsque la moto est dans le stand, et ce, même à 5 heures du matin, quand la nuit appelle les organismes au sommeil.
Les sensations ressenties au guidon de la moto sont, lors de ces relais de nuit, bien différentes des relais de jour : la nuit masque les principaux éléments du décor et les yeux du pilote doivent se concentrer sur ses repères, plus que de jour. Cela a un gros avantage : le pilote n’est plus « parasité » par les éléments du décor : il y a juste la piste, les repères et les autres motos.

La trajectoire dessinée par les feux des motos

 

Ces moments sont vraiment grandioses et le plaisir de piloter outrepasse la fatigue physique et morale : ces relais de nuits passent plus vite, comme sur un nuage, en répétant des gestes tel un automate.
Le plaisir est vraiment intense et spécifique aux courses qui se déroulent la nuit. Chaque pilote semble heureux en descendant de la moto. Le sourire en passant la moto aux mécaniciens puis au pilote suivant en dit long sur le bonheur qui se dégage à ce moment.

Dès que la moto s’immobilise, les mécaniciens s’affairent. Objectif ? Que la moto reparte le plus vite possible sur la piste !

24Litres d’essence en quelques secondes.

Guillaume va prendre son relais dans quelques minutes alors que Kevin prépare du strap pour ses mains.

 

La nuit se passe sans encombre et le petit matin fait son apparition. Et c’est face à une nature généreuse en soleil, nous épargnant des averses nocturnes que l'équipe remonte au classement au fur et à mesure des abandons, des chutes et des soucis mécaniques.
Les 4 pilotes en profiterons pour signer leur meilleurs temps lors de ces relais matinaux : 2’02’’172 pour Sylvain, 1’59’’997 (ouf) pour Anthony, 1’58’’921 pour Kevin et 1’58’’344 pour Guillaume.
La température remonte doucement et la vie reprend dans les tribunes. A ce moment-là, il n’est pas rare de croiser quelqu’un dormir n’importe comment, n’importe où, du moment qu’il récupère.
De petits évènements viennent rappeler aux mécaniciens que la piste se joue aussi dans les stands : entre une lentille perdue pendant la nuit ce qui décale les relais et un demi guidon qui se desserre rendant la moto impossible à piloter, tout ceci fait monter le stress quand la machine rentre alors que ce n‘était pas prévu.
Mais qu’importe, pour la 25, la remontée est là !
Et, aux alentours de 10 heures, elle pointe à la 34ème place sur 46.

 

11heures - Le sort s’acharne

Kevin revient de son relais en se plaignant qu’à nouveau, la moto donne des signes de surchauffe moteur. Rien d’alarmant visiblement mais bientôt Anthony commence à faire signe au panneauteur : un souci semble apparaître sur la moto. L’équipe se prépare à intervenir sur la moto mais l’attente se fait longue : 2minutes… puis 2 minutes 30… puis 3 minutes…
Un drapeau jaune est signalé, la 25 vient de chuter à l’autre bout du circuit. Anthony rentre quelques minutes plus tard, déçu et un petit peu énervé d’être parti à la faute. Mais comment lui en vouloir : la moto surchauffant s’est mise en sécurité et a tout bonnement coupé l’allumage en pleine courbe entrainant la chute immédiate de son pilote.
Pour la petite histoire, il écope également d’un avertissement pour excès de vitesse dans la voie des stands (51 km/h au lieu des 40 maximum autorisés)…
Bref, alors que les mécaniciens allaient se mettre à table, il est grand temps pour eux de prouver leur savoir-faire une nouvelle fois (dernière ?) . Ce qui est fait avec grande habilité.
La fin des relais pour rallier l’arrivée se fait au gré de l’état physique des pilotes. Tenir… jusqu’au bout
maintenant…

 

15heures - La délivrance !

Le drapeau à damier ! Enfin !

La moto victorieuse qui franchit le drapeau à damier

 

Le franchir, c’est finir 24 heures d’efforts pour toute une équipe qui a mis plus d’un an à préparer la compétition. C’est humainement une grande victoire que nous savourons encore aujourd’hui parce que, oui, nous l’avons fait !
Le N.B.R.T. termine à la 33ème place du classement général, réussissant à parcourir plus de 75 % du nombre de tours réalisés par les premiers (condition obligatoire pour être classé), et ceci en ayant perdu plus de trois heures dans les stands au moment du changement de moteur.
Malheureusement nous serons convoqués et logiquement disqualifiés quelques minutes plus tard pour changement de pièces mécaniques non autorisé.
Mais rallier l'arrivée en réalisant le nombre de tours minimum malgré tous nos soucis mécaniques est pour nous tous une grande fierté.

 

Un grand merci à tous les bénévoles qui ont permis cette fabuleuse expérience et un grand merci à tous
nos partenaires sans qui rien n’aurait été possible.

 

   

      

 

HEBRARD Electricité Générale

 

 

ADM                  

 

DIAMANT MOTO

 

DESMOTO