Zarco - Réussir la saison Moto2, puis les essais avec Suzuki

Zarco - Réussir la saison Moto2, puis les essais avec Suzuki

Johann Zarco est en bonne place dans le radar des équipes MotoGP et s'est vu offrir des tests avec Suzuki.

Pourtant, il refuse de perdre de vue son objectif premier : réussir la défense de son titre en Moto2. Car, après une saison exemplaire qui lui a valu un premier titre, le Français se sait observé par la catégorie reine et, s'il fait le pari de "redoubler", c'est dans l'espoir de décrocher un bon guidon pour 2017.

Pourquoi pas la GSX-RR ? Suzuki lui a en effet ouvert ses portes pour lui confier des essais au guidon de la machine actuellement pilotée par Maverick Viñales et Aleix Espargaró. Johann Zarco mesure sa chance et, avant de tenter de l'exploiter au mieux dans quelques semaines, il entend garder le cap sur sa saison avec le team Ajo, avec pour premier objectif de se rattraper après son faux-départ à Losail.

Motorsport.com a rencontré le Champion du monde Moto2 dans le paddock de Termas de Río Hondo, afin d'aborder avec lui son présent… et son avenir.

Mis à part le problème que tu as eu au départ de la course au Qatar, es-tu satisfait par ton feeling avec ta nouvelle moto ?
"J'aime la nouvelle moto. Il n'y a pas de grande différence avec celle de l'an dernier. La plus grande différence c'est ce que je ressens dans la tête parce que, après être devenu Champion du monde, il faut à nouveau être très fort pour conserver une motivation très élevée. Concernant le Qatar, c'était très particulier. J'ai fait une grosse faute et je n'ai pas été le seul. C'est ma chance : j'ai mal commencé la saison, mais mes adversaires aussi. Je ne peux rien dire de particulier au sujet du Qatar, parce que c'était une grosse erreur de ma part et peut-être qu'elle va me pousser à être encore plus concentré pendant toute la saison."

Tu dois avoir conservé un bon souvenir de l'Argentine depuis l'année dernière ?
"C'est la troisième fois que l'on vient en Argentine. Il y a deux ans, j'avais été très rapide mais j'avais manqué de chance en course. L'année dernière, j'ai décroché ma première victoire en Moto2. C'est une très bonne piste, que j'aime. On verra bien, c'est désormais une nouvelle année. Si je veux gagner ici, en Argentine, je dois être concentré et investir toute mon énergie vendredi, samedi et puis dimanche."

Quelle est la partie la plus difficile du tracé ?
"Il y a des virages très rapides que j'adore, comme le n°6 qui est vraiment très bon. La longue ligne droite et le freinage pour entrer dans le virage n°5 sont très bons aussi. La partie la plus difficile, c'est peut-être le troisième secteur, des virages 7 à 11. Je pense que c'est la partie la plus technique du circuit."

Défendre son titre en Moto2 est un challenge difficile, que Tito Rabat n'a pas réussi. Qu'est-ce qui sera le plus difficile pour toi dans cette optique ?
"Le plus dur, c'est de gérer mon mental. Avec le titre, je ressens plus de pression parce que désormais tout le monde, et pas seulement les pilotes, s'attend à ce que je gagne. Cela augmente la pression, or quand on a la pression sur la moto, on est plus lent. Je dois en tirer des enseignements et être fort même avec cette pression. C'est une très bonne expérience à vivre parce que je sais que le fait d'apprendre cela et de le gérer me rendra plus fort pour l'avenir."

Suzuki me donne une opportunité et je dois respecter cela.

Johann Zarco

Tenteras-tu d'aller en MotoGP en 2017 quels que soient tes résultats cette année ?
"Le MotoGP c'est un rêve. Je vois les motos, elles sont très belles et rapides, c'est donc un rêve d'aller là-bas. Mon premier objectif, c'est le Moto2 cette saison et je sais que si je remporte cette catégorie, les gens en MotoGP le verront et me fourniront un très bon package pour 2017. Alors j'y crois et je vais faire de mon mieux pour mériter une bonne MotoGP."

On a parlé d'un accord entre toi et Suzuki : prévoit-il des essais cette année ? ou bien plus : tes débuts en MotoGP la saison prochaine ?
"Je l'espère. Ils me donnent l'opportunité de tester la MotoGP cette année, au Japon et en Europe. C'est déjà une très bonne chance. Mais ils m'ont dit : 'Avant tout, sois concentré sur la saison Moto2'. Maintenant c'est à moi d'être assez bon quand je vais tester la MotoGP et de montrer que je peux mériter la moto pour l'année prochaine."

Sais-tu déjà quand ces essais auront lieu ?
"Ce sera pendant l'été."

Tu entretiens un lien fort avec Aki Ajo. Débuter en MotoGP avec le team Ajo en tant que structure satellite d'un constructeur comme Suzuki, est-ce une option envisageable ?
"Je ne sais pas. Pour le moment, il n'y a que l'équipe officielle Suzuki et si j'obtiens cette place, c'est fantastique. Mais ce sont les affaires des équipes et je ne suis au courant de rien à ce sujet."

Hervé Poncharal a clairement montré son intérêt à ton égard : y a-t-il des discussions avec lui ou rien ?
"Rien. Suzuki me donne une opportunité et je dois respecter cela. Alors je me concentre sur le Moto2, ensuite [je veux être] bon sur la Suzuki et peut-être que le rêve deviendra réalité."